Club Mines Informatique.

Irlande du Nord, Roumanie, Tunisie : le Triangle d’Or du Nearshore

 

 

Le 13 Juin 2007, dans l’amphithéâtre RATEAU de l’Ecole des Mines de Paris, la table ronde organisée par le Club Mines Informatique a réuni une quarantaine de professionnels pour aborder le  thème du « Nearshore ».

Cette table ronde était la suite d’un cycle de conférences dont les précédentes ont concerné la Chine et l’Inde ; elle était organisée en partenariat avec l’Institut G9+ (Amicale des Grandes Ecoles réputée dans la Profession), dont le Président Claude DURAND (E77) a participé en personne au débat.

 

L’Offshore est défini comme la production de prestations dans un pays tiers. Il est devenu en quelques années une réalité incontournable de l’« écosystème » des services informatiques, en s’adressant principalement aux deux géants émergents que sont l’Inde et la Chine.

 

Le Nearshore, quant à lui, s’adresse à des pays proches de la France, choisis non seulement pour des raisons de coût mais encore pour des raisons techniques et commerciales.

 

Nous avons cherché à illustrer les points communs et les aspects spécifiques de trois destinations caractéristiques du Nearshore :

 

l’Irlande du Nord : une plate-forme Nearshore de services high-tech à l'international - portée par les perspectives très prometteuses d’une paix durement acquise après des décennies de guerre civile.

M. Damian NICELL, Business Development Manager  INVEST NORTHERN IRELAND Jean-Paul EYBERT (N61) ex-Délégué Général Adjoint du SYNTEC (voir coordonnées dans l’Annuaire des Mines),

 

la Roumanie : un des plus récents pays de la Communauté Européenne et francophone.

            M. Cyril CRICHTON Directeur du Développement KEPLER-ROMINFO

            M. Yves SCHERMAN (N81) DG et fondateur de EST-WEST INFORMATIQUE

(voir coordonnées dans l’Annuaire des Mines),

 

la Tunisie : le « Cœur de la Méditerranée », qui a accueilli le Sommet Mondial de la Société de l’Information.

M. Kais SELLAMI, DG DISCOVERY INFORMATIQUE, Président de la Chambre Syndicale des SSII  de TUNISIE

Mme Soumaya FATHALLAH (N99) Directrice pour l’Europe DISCOVERY INFORMATIQUE (voir coordonnées dans l’Annuaire des Mines)

M. Patrick PIOT, Directeur Adjoint Mid-Market  SOPRA.

 

Certains intervenants de la conférence du 13 Juin étaient venus spécialement de leurs pays respectifs, pour faire partager leur commune conviction sur les atouts d’un co-développement « gagnant / gagnant » avec la France.

 

Dans son introduction, Dominique DOUELLOU (N63), Président du Club, rappelle que la délocalisation de services, injustement décriée par certains médias, n’est que l’application classique du modèle de commerce international, dans lequel chaque pays cherche à exploiter ses avantages concurrentiels naturels. Ensuite Alain MOSCOWITZ (P81), Vice-Président lance et anime les débats.


 

Le Nearshore n’est, au fond, qu’une forme particulière d’externalisation de prestations informatiques. La coopération, la proximité culturelle sont des éléments-clés de la réussite de projets en logique Nearshore. Mais c’est au cours du temps que la courbe d’apprentissage entre les équipes permet des gains de productivité significatifs.

 

Le Nearshore est ensuite poussé par d’autres motivations déterminantes :

- la rareté de certaines ressources (cas de la niche MFGPRO pour SOPRA en Tunisie)

- la recherche de nouveaux débouchés (marchés anglophones via l’Irlande du Nord, marchés africains via la Tunisie, marchés de l’Europe de l’Est via la Roumanie, par exemple)

- le besoin d’amélioration du produit délivré (l’Irlande du Nord et son environnement technologique de haute qualité ont attiré des clients stratégiques ayant une exigence d’excellence, dans le domaine de la Défense par exemple).

 

Tous  les intervenants ont illustré de façon très concrète les différents thèmes (s’adresser pour plus de détails à Alain MOSCOWITZ (voir coordonnées dans l’Annuaire des Mines.)

 

Ø       Comment choisir son partenaire Nearshore ? Quelles sont les bonnes pratiques à retenir pour réussir son partenariat ?

 

Ø       Quelle organisation mettre en place en France et dans le pays d’accueil, pour collaborer au quotidien ? Le témoignage de VALTECH, avec une répartition judicieuse des équipes entre l’Inde et la France, a également alimenté la discussion.

 

Ø       Comment améliorer et maîtriser l'industrialisation, les processus, la Qualité, les méthodologies ? Les normes (ISO 9000, ISO 20 000, ITIL, CMMI, etc.) ont été confirmées comme vecteurs indiscutables de succès.

 

Ø       Quelles sont les particularités administratives et juridiques d'un contrat Nearshore ? Confidentialité, propriété intellectuelle, gestion de la gouvernance, mobilité du personnel, règlement des litiges, turnover...sont les conditions incontournables de réussite. L’Irlande du Nord et la Roumanie étant des pays de l’Union Européenne, en respectent par conséquent toutes les directives et les règlements. La Tunisie a adopté un corpus de règlements et de droits très proches de ceux pratiqués en Europe.

 

Ø       Quels sont les coûts ? Il fut naturellement beaucoup question de comparatifs Offshore / Nearshore : impact des coûts cachés et rapports qualité/prix. Ainsi, pour un rapport de coûts salariaux de 1 à 10 entre l’Inde et la France, il est communément admis que le coût final d’un projet est dans le rapport de 1 à 3, du fait des coûts cachés. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une évaluation en coûts complets et pas seulement en taux de main d’œuvre apparents. « C’est pourquoi la productivité est souvent bien supérieure dans certains pays de proximité, indépendamment du coût unitaire journalier affiché. » 

 

Les échanges avec la salle furent très intenses. Certains participants ont souligné la similarité de l’approche Nearshore avec la démarche d’industrialisation des processus (génératrice de gains de productivité en France-même) et avec la recherche d’une solution clé-en-main (telle la démarche ASP visant l’acquisition d’un service global plutôt que d’un développement informatique).

 

A 22h, après le cocktail, participants et intervenants se quittèrent, ravis de ces échanges sans « langue de bois » conformément à la tradition du Club Mines Informatique et satisfaits de leurs nouvelles prises de contacts entre professionnels.

 

Alain MOSCOWITZ (P81)                                                    Dominique DOUELLOU (N63)